Combats meurtriers à Syrte entre les forces loyalistes et l’EI

Combats meurtriers à Syrte entre les forces loyalistes et l’EI

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Les forces fidèles au gouvernement libyen d’union nationale (GNA) ont annoncé mardi avoir gagné du terrain dans les quartiers périphériques de Syrte, dont le centre reste aux mains des jihadistes de l’organisation de l’État islamique (EI).Au moins 34 membres des forces progouvernementales libyennes ont été tués, mardi 21 juin, dans des combats féroces avec les jihadistes de l’organisation de l’État islamique (EI) assiégés dans le centre de leur fief de Syrte, selon une source médicale.
Il s’agit de la journée la plus sanglante pour les forces du gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale depuis le début, le 12 mai, de leur offensive pour reprendre la ville de Syrte (centre-nord) aux jihadistes.

« Nos forces avancent de toutes parts contre les positions des jihadistes, appuyées par l’artillerie lourde et l’armée de l’air », a affirmé un commandement militaire.

L’offensive a permis aux forces pro-GNA de reprendre plusieurs localités et positions occupées par l’EI sur leur chemin depuis la ville de Misrata, siège du commandement de l’opération militaire, jusqu’à Syrte où elles ont pu entrer le 9 juin avant d’y encercler les jihadistes dans une zone résidentielle de 5 km carrés.

Misrata est située à quelque 200 km à l’ouest de Syrte. Ce sont les puissantes milices de cette ville qui forment le noyau des forces pro-GNA impliquées dans l’offensive.
Près de 200 membres des forces loyales tués depuis le début de l’offensive

Les loyalistes ont fait état de « dizaines de morts parmi les jihadistes ». « Les [combattants] de Daech sont assiégés dans un secteur restreint de Syrte et nos forces ont déjoué toutes leurs tentatives » de desserrer l’étau, selon le commandement militaire.

Ce dernier a en outre annoncé sur sa page Facebook préparer une « bataille décisive » pour en finir avec l’EI à Syrte, sans fournir de détails.

Les forces pro-GNA ont été ralenties ces derniers jours dans leur progression à Syrte par les contre-offensives de l’EI. Dans la zone résidentielle où ils se barricadent, les jihadistes se cachent dans les maisons, ont des francs-tireurs sur les toits et ont recours aux kamikazes pour faire face à leurs adversaires.

Depuis le début de l’offensive, près de 200 membres des forces loyales au GNA ont été tués et des centaines blessés, selon des sources médicales. Le bilan global des pertes jihadistes n’est pas connu.

Outre les milices de Misrata, les mieux armées du pays avec des avions MiG et des hélicoptères d’attaque, plusieurs autres milices implantées dans l’ouest du pays participent à l’opération militaire, de même que des unités de l’armée et des Gardes des installations pétrolières.

Ces milices qui font la loi dans le pays sont principalement formées d’anciens rebelles ayant fait tomber le régime du dictateur Mouammar Kadhafi après huit mois de révolte en 2011. L’EI avait justement profité du chaos qui avait suivi cette révolte pour s’implanter dans le pays.
Explosion d’un dépôt d’armes à Garaboulli

Ailleurs dans le pays plongé dans la tourmente, 29 personnes ont été tuées et des dizaines blessées dans l’explosion d’un dépôt d’armes dans la ville de Garaboulli, à 70 km à l’est de la capitale Tripoli à la suite d’affrontements entre habitants armés et miliciens, selon des responsables.

« Des hommes armés parmi les habitants ont pris d’assaut un dépôt d’armes qui appartient à une milice de Misrata mais qui est active dans la région. Une grande explosion s’est produite. Les causes exactes ne sont pas connues mais il est probable que la milice à laquelle appartient le dépôt l’a piégé avant de partir », a indiqué un responsable de la sécurité.

Avant l’explosion, les habitants armés de la ville avaient attaqué des barrages de contrôle des miliciens de Misrata après que ceux-ci ont pillé un magasin de produits alimentaires. Des affrontements ont alors éclaté et ont duré toute la journée, a-t-il ajouté.

La Libye, où l’accès aux armes est facile, est minée par les luttes de pouvoir, malgré l’installation depuis fin mars à Tripoli du GNA qui ne parvient néanmoins pas à étendre son autorité à l’ensemble du territoire.
Avec AFP