#sénégal Sindièly Wade, l’« inconnue »

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Il est aujourd’hui difficile voire impossible de localiser la fille de l’ex-président de la République. Certains la situent à Genève, où elle possédait un appartement avant l’élection de son père. D’autres la disent en France. L’on se demande ce qui retient la sœur de Karim, loin du Sénégal, depuis si longtemps. Depuis la défaite de Me Abdoulaye Wade et l’emprisonnement de son frère, c’est le silence radio de son côté. Seules certitudes à son sujet : elle est encore conseillère honoraire du Programme des Nations unies pour le développement (cela fait dix ans) et elle est toujours accro au sport. L’année dernière, elle participe à son septième Rallye Aïcha des Gazelles au Maroc, une course de voitures réservée aux femmes qu’elle a déjà remportée en 2011.

Discrète, Sindièly l’a toujours été, et ce, malgré le charisme de son père. L’accession de Wade au pouvoir en 2000 ne change pas ses habitudes, elle reste dans l’ombre. Cependant, sa nomination comme Déléguée générale adjointe de la troisième édition du Festival mondial des arts nègres la met au-devant de la scène médiatique. Jusque-là très en retrait de la vie publique, les projecteurs sont braqués sur elle du fait de sa position de fille du président de la République, mais aussi du budget colossal mis à sa disposition pour l’organisation du Fesman. La gestion de cet important évènement culturel est considérée par beaucoup d’observateurs comme l’un des plus grands scandales financiers du Sénégal.

Alors que le « Rapport public sur l’état de la gouvernance et de la reddition des comptes » 2013 de l’Inspection générale d’Etat (Ige) avait, de façon circonstanciée, relevé des fautes de gestion graves dans le dossier du Fesman, Sindiély Wade n’a pourtant jamais été inquiétée. Le Quotidien révélait que c’est « le chef de l’Etat en personne qui a pesé de tout son poids pour éviter la prison » à la sœur de Karim Wade. Et ce, alors que la justice était sur le point d’ouvrir une information judiciaire contre la Déléguée générale adjointe du Fesman.

Certains considéraient sa nomination à la tête de grand projet fut une erreur monumentale de Wade. Le manque d’expérience en matière culturelle a toujours été décrié. « Sindièly ne peut pas me diriger, en matière de culture. Je pourrai être son maître et lui apprendre le B.A.-BA. Et j’aimerai bien pouvoir lui parler, parce qu’elle n’a pas la carrure et la compétence qu’il faut, pour faire partie de l’organisation du Fesman. Elle n’est pas à la hauteur », disait le célèbre comédien Charles Foster.

Sindièly, c’est d’abord les finances et ensuite, le sport. Elle a effectué ses études supérieures en France dans le domaine l’ingénierie financière. Une fois diplômée, elle intègre le cabinet d’audit AGF à Genève. Elle y restera jusqu’en 2000, année de l’élection de son père à la Magistrature suprême.

Durant le règne de Wade, Syndièly occupe une fonction bien définie au Palais de la République où elle est conseillère spéciale du Président. Dans l’ombre, elle est parvenue à bien des réalisations sur différentes choses, en particulier au niveau des organisations de grandes manifestations sportives. Entre autres le tour cyclique du Sénégal et à la Fédération sénégalaise de rugby, en qualité de secrétaire générale adjointe. Sa volonté de soutenir les grands ambassadeurs sportifs de ce pays a toujours été manifeste notamment avec l’équipe nationale de football du Sénégal

Le sport, sa passion. Sindièly est la première femme sénégalaise à participer au Rallye Paris-Dakar ainsi que celui des Gazelles, franchissant de nouvelles limites jusque-là réservées aux hommes. Sa discrétion, son courage et son humilité exemplaires témoignent de son bon sens du leadership.

Sindièly Wade, c’est aussi cette femme d’une simplicité légendaire. Elle n’impose pas au premier abord, dépourvue d’atours hormis l’immuable chainette au cou. La petite dame s’efface derrière la famille lors des cérémonies officielles, affiche un sourire un peu timide. Petite et menue, un visage en longueur, ton posé, maintien irréprochable, Sindièly est d’une ressemblance sans appel avec sa mère Viviane Wade. Née en 1972, cette cadette d’une fratrie de deux voit le choix de sa mère l’emporter sur celui de son père. Car Viviane l’appelle Syndièly et Abdoulaye Mame Aïda.

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