Mon mec veut que je sois une bombe !

Mon mec veut que je sois une bombe !

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Avec lui, on n’entretient pas la machine à fantasmes en partageant un plateau-télé en jogging. En matière de féminité, ses idées sont très arrêtées… Et nous, dans tout ça ? On se laisse coacher ou pas ?

Nombreuses sont les femmes à avoir besoin du regard de l’être aimé pour se révéler à elles mêmes et accepter leur sensualité. L’idée d’améliorer la matière première (nous) est tentante et il est motivé pour deux. Mais si c’est exclusivement son désir (son délire ?) à lui, malaise. On a vite fait de se sentir manipulée. Le psychanalyste Samuel Lepastier nous aide à comprendre les motivations de notre Pygmalion pour décider ce que l’on peut gagner ou perdre à entrer dans son jeu.

Il pense que je sous exploite mon potentiel

Toujours en jeans-baskets peu flatteurs, on évite les robes ou les tops moulants. On invoque le confort comme raison mais au fond -et ça lui saute aux yeux à travers une foule de détails-, la connexion avec notre féminité ne s’est jamais faite. Et on ne s’en rend même plus compte. Il est là pour nous réveiller.

Pourquoi pas si : Ses conseils sont adaptés et qu’il tient compte de nous, de notre physique et de nos critères, même s’ils sont à dégrossir, à assouplir. Cela sous entend qu’il nous aime et nous accepte même s’il ne dédaignerait pas une version améliorée de nous. Souvent, l’amoureux qui intervient répond aussi à notre désir d’être mieux dans notre peau. Il réagit parce qu’on s’est plainte (de pas être assez fine ou de n’avoir aucun style, par exemple). “Et, dans cette entreprise, rajoute Samuel Lepastier, s’il vous aime et vous met en confiance, cela peut activer votre désir.”

La limite :  Comme l’explique Samuel Lepastier il convient de différencier l’homme qui dit à sa femme “Tu es mon rêve et je veux t’améliorer” de celui qui lui dit “J’ai un rêve et tu dois t’y conformer”.Autrement dit : veto s’il faut être une autre pour le satisfaire.

Il veut que tout le monde se retourne sur moi

Arriver à une fête et savoir que ses potes n’ont d’yeux que pour vous, ça le fait fantasmer.  Son désir s’alimente au regard envieux des autres. Entre le trophée à exhiber et le besoin d’être rassuré sur notre beauté…

Pourquoi pas si : Si ça nous flatte. Si on n’a pas l’impression d’être une voiture “tunée” pour frimer devant ses copains (mais qui passera la nuit au garage), alors le jeu en vaut peut être la chandelle.

La limite : Si on a l’impression qu’on va finir dans un club échangiste parce qu’il nous demande d’aller toujours plus loin (où on ne compter pas aller), on met le holà. “Dans ce cas de figure, analyse Samuel Lepastier, ce qui excite l’homme c’est que d’autres soient excités par sa femme, pas qu’elle puisse éventuellement être attirante dans l’intimité”. Bref, votre sex appeal est jugé par ses potes plus que par lui, au point que vous vous demandez à qui il a vraiment envie de plaire.

Il veut que je ressemble à un mannequin

Son truc, c’est la fille des magazines. Notre corps doit être parfait et, s’il pouvait, il aurait des lunettes “photoshopantes” pour effacer tout soupçon de cellutite et autre imperfection humaine.

Pourquoi pas si : Si c’est une étape, et que vous voulez savoir jusqu’où vous êtes capable d’aller pour regagner confiance en vous. Par ailleurs, d’après Samuel Lepastier “La minceur est signe de maîtrise de soi, de vie plus saine et sportive et s’apparente plutôt aux classes sociales élevées.” Accepter ce diktat pourrait donc également être une manière de mettre toutes les chances de son côté pour s’élever sur l’échelle sociale….

La limite :  Là encorele “trip” peut vite aller trop loin. Ok si c’est un passage pour booster son ego, sauf qu’il peut déboucher sur une tentation anorexique dangereuse. Par ailleurs, Samuel Lepastier nous rappelle que derrière le désir de minceur se cache souvent celui d’effacer le corps féminin. “Classiquement, la virilité de l’homme est portée dans ses organes génitaux, alors que la féminité s’incarne dans le corps tout entier. La refuser, c’est donc, symboliquement, extraire la femme de la sexualité. »

Il craint que je détonne dans son milieu

Selon son milieu et son âge, ses exigences ne sont pas les mêmes, mais ce qu’il attend de sa femme c’est qu’elle “présente bien”… Notre image doit être adaptée à l’univers où il veut régner. Malgré son raffinement, il est prêt à nous séquestrer si on ne porte pas la bonne paire de chaussures ou les marques qui fédèrent les autres membres de sa tribu.

Pourquoi pas si : Après tout, ce n’est pas parce qu’il nous demande de nous débarrasser de nos chaussettes à canards que l’on sera moins authentique. Un peu comme la fée dans Cendrillon, il nous propose une occasion, coach à l’appui, d’apprendre à être comme un poisson dans l’eau dans d’autres milieux. Une sorte de promo sociale, quoi ! Par ailleurs, ce qui compte c’est le fond, pas la forme, non ?

La limite : Samuel Lepastier nuance en expliquant que contrairement à ce que l’on pense, la raison sociale est très souvent un prétexte. « Ce type d’homme a peur que vous révéliez quelque chose de votre intimité qu’il aimerait cacher. Au fond, c’est lui qui a peur de « faire tâche ». S’il était sûr de lui, il vous imposerait telle que vous êtes. Il est alors intéressant de se demander pourquoi cet homme a choisi un type de femme si différent de lui. Souvent c’est parce qu’il a une piteuse estime de lui et vous pense encore plus inférieure. » Courage fuyons.

Il pense que c’est une preuve d’amour

Porter du vernis rouge, comme à vos premiers rendez-vous, et continuer à assortir vos sous vêtements après 10 ans de mariage, ça vous semble une perte de temps, mais pour lui ça veut dire beaucoup. Cela le rassure, lui donne l’impression que sa vie de couple n’est pas morte puisque vous ne relâchez pas la pression et continuez à vouloir le séduire.

Pourquoi pas si : Comme le dit Samuel Lespastier « Se faire belle c’est tenir compte de l’autre. » Les attentions au sein d’un couple sont primordiales. Pour lui, ça veut dire qu’on ne va pas voir ailleurs et qu’on veut toujours le séduire. » Certains (dress) codes sociaux ne doivent pas tomber aux oubliettes à mesure qu’on vit ensemble.

La limite : S’il n’arrive jamais à se satisfaire de vous au naturel et que, même au réveil, c’est bas dentelle. D’après Samuel Lepastier, « ces hommes là sont inhibés dès qu’une femme ressemble un tant soit peu à leur mère. » Résultat, il faut rester sexy non-stop, les tenues du quotidien sont prohibées. Le problème, outre qu’il n’a pas dépassé la peur de désirer sa mère, c’est qu’une femme active ne peut pas concrètement passer deux heures chaque matin à se pomponner et courir toute la journée sur des talons aiguille. Mieux vaut faire la différence entre le femme du jour et la femme de nuit, c’est plus réaliste.

Pour vivre ses fantasmes dans l’intimité

Lui aussi met le paquet pour nous plaire. C’est un échange, un jeu de séduction. Le rouge, le noir, les talons aiguilles et les bas fumés, il n’y peut rien, ça l’attire. Pour nos 40 ans, il nous offre des escarpins qui vous paraissent interminablement hauts…

Pourquoi pas si : Vous êtes encore l’objet de son désir et tant mieux. En  jouant avec les panoplies de la féminité, vous vous épanouissez sexuellement à deux. Samuel Lepastier conseille de ne pas négliger « le premier stimulus érotique pour l’homme, qui est visuel ».

La limite : Si votre amant reste fixé sur cette première étape et que ce qui l’excite c’est l’objet en soi (la jarretelle, le bas…), et non le fait que vous le portiez. Dans ce cas il est fétichiste, vous n’êtes alors qu’un mannequin ordinaire portant le bas qui est objet de son désir. Et interchangeable, donc.